Nadine Sciacca est co-auteure, avec Marie-Agnès Martin, d’un livre intitulé Comment faire de nos émotions nos meilleures alliées. Après plusieurs années en tant que manager dans la communication, Nadine s’est formée à la thérapie systémique et à l’approche cognitivo-comportementale. Elle est coach, médiateur en entreprise et experte en intelligence émotionnelle. C’est surtout une personne qui fait preuve d’une grande qualité d’écoute et une amie sur laquelle on peut compter.
Voici quelques-uns de ses conseils pour transformer nos émotions en atouts.

 

Pourquoi un livre sur les émotions ?Livre de Nadine Sciacca, comment faire de nos émotions nos meilleures alliées.

Au cours d’un stage de développement personnel, j’ai découvert des clés de compréhension du fonctionnement humain et ça a changé ma vie, ça l’a rendue plus sereine. J’avais trente ans. Si on m’avait enseigné cela à l’école, j’aurais gagné pas mal de temps. Puisque je ne peux pas changer les programmes scolaires, j’ai décidé, à mon échelle, de faire en sorte que le plus grand nombre apprenne comment l’être humain fonctionne, pour vivre plus sereinement, avec soi et avec les autres.

Au delà d’un essai, c’est un vrai manuel, avec des exercices pratiques. Pouvons-nous vraiment agir nous-mêmes sur la gestion de nos émotions ?

Bien sûr, avec un bon mode d’emploi, et c’est tout l’objet de ce livre, nous pouvons faire en sorte que nos émotions constituent des ressources et non des freins. Ce mode d’emploi, ensuite, il faut le mettre en pratique, c’est la raison pour laquelle nous avons truffé ce livre d’exercices, d’outils. On peut donc faire beaucoup de choses soi-même.

Il est écrit que, contrairement au malheur, les émotions sont contagieuses. Comment se protéger d’une personne dont les émotions sont envahissantes ?

Dans le cas d’une relation contrainte, dans le cadre professionnel par exemple, on peut déjà exprimer à l’autre l’impact que son comportement a sur nous, et lui demander d’y être attentif. On peut également faire de la pédagogie. Comme dit Voltaire « J’ai choisi d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ». Lui expliquer qu’à l’inverse, ruminer est mauvais pour sa santé : lorsqu’on est stressé, on a deux fois plus de chances d’attraper un rhume, avec l’anxiété, on double le risque d’un accident cardio-vasculaire, etc. Bref, trouver les arguments qui vont convaincre l’autre de nous pourrir un peu moins la vie.

Tu écris que si nous sommes aujourd’hui attirés par des aliments sucrés ou gras, cela remonte à nos origines. Comment se fait-il que nous n’ayons pas modifié cela ?

Notre logiciel de survie, qui était adapté au départ pour fuir devant le danger et nous permettre de rester en vie, peut aujourd’hui se retourner contre nous. Il nous conduit, par exemple, à éviter certaines prises de risque qui seraient nécessaires, à surévaluer le plaisir procuré par le fait de manger une tablette de chocolat, et à sous-évaluer la contrariété de l’avoir fait. Tout simplement parce que les conditions de vie ont évolué plus vite que les capacités d’adaptation de notre logiciel.

Si je comprends bien, la joie, le plaisir, est un entraînement, comme le sport ?

On trouve ce qu’on cherche : si je cherche tout ce qui ne va pas, je vais générer en moi des émotions négatives et augmenter mon niveau de cortisol (l’hormone du stress). En revanche, si je prends l’habitude de chercher ce qui va bien, je vais valoriser les autres, enrichir ma vie sociale – ce qui est un réducteur de stress –, me réjouir, etc. Je vais créer des « autoroutes » dans mon cerveau, qui seront ensuite de plus en plus évidentes à emprunter. C’est un cercle vertueux.

Parmi les conseils du livre, lesquels t’appliques-tu à toi-même ?

Concernant la peur : Je suis de moins en moins dans l’hypercontrôle. La colère : j’essaye de ne pas réagir à chaud. Et quand l’autre est agressif, je me demande ce qui ne va pas chez lui, où il a mal, avant de monter en escalade. Quand je suis très triste, j’écris, et ça m’aide beaucoup.

Comment manges-tu ?

Trop sucré et trop salé. Mais je progresse ! Le matin par exemple, j’ai troqué les tartines contre des fruits avec des graines de lin et de sésame broyées, des amandes, du jus de citron et de l’huile de colza.

Nadine Sciacca a également l’auteure de Comment prendre de bonnes décisions, et co-auteure, avec Marie-Agnès Martin, de J’ai choisi l’éducation positive. Parus chez Marabout.

Son site : www.nadine-sciacca.fr

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