Dans le cadre du programme MBSR en huit semaines que j’ai suivi avec Beryl Marjolin, nous devions pratiquer à la maison un certain nombre d’exercices de méditation dite « informelle ». Le repas en pleine conscience était l’un des premiers. Autant dire que j’ai adoré cette expérience.

J’ai d’abord essayé d’être pleinement présente en le préparant. Un repas simple : une salade mélangée et du raisin frais en dessert, puis café et carré de chocolat. Pendant la cuisson de l’œuf, j’ai consciencieusement choisi et préparé tous les autres ingrédients de ma salade, senti certains, coupé d’autres, sélectionné tous les éléments pour parfumer et agrémenter le plat : olives noires, graines de courge et de tournesol, estragon, coriandre, basilic, curcuma, ail, sel et poivre, huile d’olive. Je me suis préparé un plateau, choisi une assiette, des couverts, des galettes de sarrasin pour accompagner la salade, j’ai lavé le raisin et l’ai déposé dans une jolie coupelle.

J’ai ensuite décidé où m’installer pour être confortable : la table basse du séjour, un coin cosy, sur un gros coussin.

Puis j’ai commencé à déguster, doucement, en observant, en écoutant, en sentant, en tâtant, en goûtant. J’ai bien aimé les couleurs de ma salade, dans leur saladier rouge. J’ai essayé de manger doucement – en tout cas plus que d’habitude, ce sera déjà ça… – et du coup j’ai pu identifier dans chaque bouchée les différentes saveurs, presque séparément. L’olive qui faisait des apparitions remarquées par endroit, la tomate, moins présente mais plus consistante, le blanc de l’œuf, avec sa texture très douce, les graines de courge, croquantes, et dans la galette de sarrasin, de petites pointes de sel que je n’avais jamais vraiment notées avant. Même si mon esprit est régulièrement parti (chercher ma fille à l’école, noter qu’il fallait faire la TVA, réfléchir au menu du soir…), j’ai quand même été beaucoup plus présente que d’habitude. Le raisin a été l’occasion de découvrir trois textures et trois goûts bien différents : la peau, un peu âcre et rêche, la chair, très douce et sucrée, gorgée de jus, et le pépin, carrément amer et croquant. J’ai goûté le tout ensemble, chacun séparément, deux par deux… Bref j’ai joué. Puis, pour terminer, j’ai préparé un café à l’italienne, « ristrettissimo » : trois gouttes donc, et un petit carré de chocolat noir. Je me suis rendue compte que j’avais attaqué le chocolat sans y penser, j’ai donc ralenti, gardé le petit morceau longtemps en bouche, il a fondu entre ma langue et mon palais en une crème incroyablement douce et gourmande. Puis j’ai trempé l’autre partie dans le café et l’ai goûté : le mélange était différent mais très harmonieux et dans la continuité de la première bouchée. J’ai bu une gorgée de café (c’est-à-dire quasiment le contenu de la tasse) et je l’ai trouvé étonnamment doux, sans l’amertume que j’appréhendais.

J’ai ressenti que mon repas, même si il était léger, se trouvait dans mon estomac.

Pour clore l’exercice, j’ai tenté une expérience : faire la vaisselle en pleine conscience ! Eh bien, ça fonctionne !! J’ai bien aimé sentir l’eau chaude sur mes mains quand j’ai lavé le saladier, je l’ai regardé sous toutes les coutures pour vérifier s’il était bien propre, il brillait sous l’effet de l’eau. En revanche, je n’ai pas mis l’assiette et les couverts dans la machine en pleine conscience. Une prochaine fois peut-être ?